C'est bien connu, les bulles de chewing gum finissent par exploser, de temps à autres, et la gomme tire sur la peau. C'est pas très agréable mais cela ne suffit pas à évincer le plaisir qu'on a eu à sentir la destruction d'un ensemble essentiellement fragile et ephémère.
C'est un peu ce qui m'est arrivé en refermant J'irai cracher sur vos tombes de Boris VIAN, il y a quelques jours.
C'est pas pour me la jouer drame à la Gus Van Sant, mais samedi soir dernier, il y a eu une soirée "sans alcool" chez moi, comme pour faire croire que ce serait ptet plus fou que d'ordinaire quand on finit tous sur le plancher à parler des mille et une façons de liquider un poisson rouge, à se tordre de rire pour une blague graveleuse, à perdre pied tranquillement jusqu'au sommeil, bienheureux et ivres. (Quand on ne se refait pas un scénar' à la Bonnie and Clyde et que tout le monde s'écharpe).
Donc, soirée sans alcool.
Papotage sur le quotidien sans nouvelles des uns et des autres, commentaires insipides sur les dernières nouvelles du web, et à défaut de trouver quelque chose de stimulant, regroupage autour d'un site web vendant des sex toys, avec commentaires obligés sur tous les outils connotant des déviances sexuelles marquées.
Et cette nuit-là, tous ont fini par quitter les lieux, peut-être parce que les murs étaient trop stables, et que les lumières ne vacillaient pas. incapable de dormir, j'ai saisi Boris VIAN, en regardant le paradigme vivant de la soirée qui venait de se dérouler dans mon propre foyer, juste sous mes yeux, et il dormait à poings fermés. La folie n'existait plus, et il ronflait dans mon lit, un air satisfait vissé sur ses joues. Ca avait été son idée. Cette fichue soirée.
"Pourquoi boire tout le temps? On peut pas passer un bon moment sans alcool?"
Et il l'a eu, son bon moment. Il était heureux, même dans ses rêves. Et moi, je me sentais prête à exploser, comme une bulle de chewing gum.
J'ai dévoré le bouquin, sans voir la nuit s'éclaircir. Peu à peu, j'ai commencé à entendre les rumeurs du marché en bas de chez moi qui braillaient de plus en plus fort. J'ai suivi Lee Anderson dans ses vicissitudes malsaines, des tribulations que la nuit aurait dû m'apporter. Les déchaînements auxquels j'aurai dû m'adonner, le rythme des mots aurait dû être mon rythme cardiaque, ces phrases auraient pu être les miennes et sa mort a fait exploser ma bulle.
Le dernier mot de ce bouquin est révélateur. "Dérisoire". Il n'y a rien de plus dérisoire que d'éprouver du plaisir a sentir une bulle de chewing gum exploser, a sentir que la nuit est passée, et que le jour apporte avec lui la nouvelle d'un monde où les plaisirs sont tous comme ça, ausi dérisoires qu'une soirée éthylique, à devenir l'esclave d'un nectar pour sourire encore, aussi dérisoires que les idées qu'il nous inspire, aussi dérisoire que les fêtes sans alcool, car la fête n'est vraiment pas plus folle, et qu'on y est planté comme dans un roman, à lire des descriptions de sex toys plutôt qu'à en utiliser, à commenter plutôt qu'à expérimenter.
Plutôt que de procéder à ma traditionnelle méthode qui consiste à vous livrer un extrait cartes sur table, je m'en vais vous laisser imaginer comment un texte aussi fulgurant peut influencer un moment, lui conférer un sens au point d'y être indiciblement lié.
Lire ce truc, ce n'est pas juste lire, et c'est le formidable tour de force de Vian. C'est avant tout être intégré au livre, même si on n'a pas voix au chapitre. Et de même, le livre s'intègre avec tout autant d'aisance dans notre quotidien parce qu'il explose les bulles d'inhibitions et de non dits, de sentiments tacites et de sens diffus qu'on attache sans y prendre garde aux évements de notre vie.
C'est un peu ce qui m'est arrivé en refermant J'irai cracher sur vos tombes de Boris VIAN, il y a quelques jours.
C'est pas pour me la jouer drame à la Gus Van Sant, mais samedi soir dernier, il y a eu une soirée "sans alcool" chez moi, comme pour faire croire que ce serait ptet plus fou que d'ordinaire quand on finit tous sur le plancher à parler des mille et une façons de liquider un poisson rouge, à se tordre de rire pour une blague graveleuse, à perdre pied tranquillement jusqu'au sommeil, bienheureux et ivres. (Quand on ne se refait pas un scénar' à la Bonnie and Clyde et que tout le monde s'écharpe).
Donc, soirée sans alcool.
Papotage sur le quotidien sans nouvelles des uns et des autres, commentaires insipides sur les dernières nouvelles du web, et à défaut de trouver quelque chose de stimulant, regroupage autour d'un site web vendant des sex toys, avec commentaires obligés sur tous les outils connotant des déviances sexuelles marquées.
Et cette nuit-là, tous ont fini par quitter les lieux, peut-être parce que les murs étaient trop stables, et que les lumières ne vacillaient pas. incapable de dormir, j'ai saisi Boris VIAN, en regardant le paradigme vivant de la soirée qui venait de se dérouler dans mon propre foyer, juste sous mes yeux, et il dormait à poings fermés. La folie n'existait plus, et il ronflait dans mon lit, un air satisfait vissé sur ses joues. Ca avait été son idée. Cette fichue soirée.
"Pourquoi boire tout le temps? On peut pas passer un bon moment sans alcool?"
Et il l'a eu, son bon moment. Il était heureux, même dans ses rêves. Et moi, je me sentais prête à exploser, comme une bulle de chewing gum.
J'ai dévoré le bouquin, sans voir la nuit s'éclaircir. Peu à peu, j'ai commencé à entendre les rumeurs du marché en bas de chez moi qui braillaient de plus en plus fort. J'ai suivi Lee Anderson dans ses vicissitudes malsaines, des tribulations que la nuit aurait dû m'apporter. Les déchaînements auxquels j'aurai dû m'adonner, le rythme des mots aurait dû être mon rythme cardiaque, ces phrases auraient pu être les miennes et sa mort a fait exploser ma bulle.
Le dernier mot de ce bouquin est révélateur. "Dérisoire". Il n'y a rien de plus dérisoire que d'éprouver du plaisir a sentir une bulle de chewing gum exploser, a sentir que la nuit est passée, et que le jour apporte avec lui la nouvelle d'un monde où les plaisirs sont tous comme ça, ausi dérisoires qu'une soirée éthylique, à devenir l'esclave d'un nectar pour sourire encore, aussi dérisoires que les idées qu'il nous inspire, aussi dérisoire que les fêtes sans alcool, car la fête n'est vraiment pas plus folle, et qu'on y est planté comme dans un roman, à lire des descriptions de sex toys plutôt qu'à en utiliser, à commenter plutôt qu'à expérimenter.
Plutôt que de procéder à ma traditionnelle méthode qui consiste à vous livrer un extrait cartes sur table, je m'en vais vous laisser imaginer comment un texte aussi fulgurant peut influencer un moment, lui conférer un sens au point d'y être indiciblement lié.
Lire ce truc, ce n'est pas juste lire, et c'est le formidable tour de force de Vian. C'est avant tout être intégré au livre, même si on n'a pas voix au chapitre. Et de même, le livre s'intègre avec tout autant d'aisance dans notre quotidien parce qu'il explose les bulles d'inhibitions et de non dits, de sentiments tacites et de sens diffus qu'on attache sans y prendre garde aux évements de notre vie.
- Mood:
pensive
Largue les amarres, souviens toi de ta condition, celle d'une volute.
Perds pied, reprends ton vol, perds toi sur les rivages d'une bouteille,
si le coeur t'en dis, brise tes murs, fais valser le monde
Et reprends ta ronde.
Les volcans sont éteints, les lumières font vaciller leurs nageoires,
en riant de leurs mirages, rien à l'aube ne s'adonne à tes espoirs,
Car l'heure des bilans se décline et se conjugue à l'aube
Et non dans l'insoutenable évasion du soir.
Le voile de tes iris s'incruste dans tes tombeaux,
Tu voudrais enfanter de nouveaux idéaux,
La matière de ton âme en décomposition t'emprisonne
Dans des flaques de quotidien. C'est bien le pourboire
Que la vie jette aux coeurs miséreux et aux abonnés du purgatoire.
Tes ailes pousseront sur des fanges vespérales,
sur des crépuscules embrasés que le monde exhale,
pour embrasser les folles immensités,
pour brasser des profondeurs de caniveaux et en faire des millions d'étoiles.
Tes mots danseront sur nos épaules,
Briseront nos faix, bousilleront nos apories,
Tes lèvres boréales seront leur giron
Et nos âmes reposeront dans ce linceul d'euphories.
"Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison; car, à moins qu'il n'apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d'esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme comme l'eau le sucre."
Aujourd'hui, on va causer des Chants de Maldoror, de Lautréamont. Ou Isidore Ducasse. Ou "vieille carcasse" pour les intimes.
Donc... Si on en croit ce cher Isidore Ducasse (J'espère que personne n'aura eu comme moi le mauvais goût de penser à un amalgame entre 'Ducroc' et 'il se décarcasse', comme dans une celèbre publicité aux accents de cigales...), la poésie au XIX eme était l'apanage des Romantiques.
Or, loin de vouloir scotcher une étiquette avec "Attention, être solitaire, mélancolique et méchamment élégiaque sur les bords" sur son oeuvre poétique, il a bousculé les règles de l'art, a pastiché, parodié, outragé les poncifs et le monstre qui en est né (et franchement, c'est le cas de le dire...) a été un régal.
Explications.
1/ Lautréamont a pris pour personnage principal un dénommé Maldoror, qui fait le mal autour de lui, tout en étant un chouilla torturé, un peu fêlé, beaucoup beaucoup taré. Figure Romantique certes, mais d'une cruauté qui sied mal aux mélancoliques - à entendre, ceux qui se languissent d'une situation sans se donner les moyens de s'en rendre maîtres...
2/ Il a un peu abusé sur le concept de "poésie". Ne pas s'attendre à des rimes en "ur" ou en "aï", alignées comme des boulettes de yakitori sur des pages et des pages de sonnets en alexandrins. Il choisit la prose mélodique, avec sonorités tissées en échos vagues, longues envolées lyriques, et lexique partagé entre gore et délicatesse. Autrement dit, des phrases à la Proust, avec du Jack l'Eventreur et du Jane Austen passés au mixeur des formules.
3/ Intrigue totalement décousue, fil conducteur confus, incohérences et méli-mélos à tout va, de quoi rendre le lecteur complètement stone. Et c'est le plaisir de l'auteur, de nous voir aussi désorientés, et perplexes. Il aime ça, c'est son kif, ça se voit, et il le vaut bien.
4/Si vous saviez les horreurs qu'il y a dans ce bouquin!... Bon sang, Baudelaire n'a jamais écrit pire que ça. Et pour cause, Lautréamont disait de ses contemporains: "... puisque la poésie du doute [...] en arrive à un tel point de désespoir morne, et de méchanceté théorique, par conséquent, c'est qu'elle est radicalement fausse; et par cette raison qu'on y discute les principes et qu'il ne faut pas les discuter: c'est plus qu'injuste. Les gémissements poétiques de ce siècle (Cf. Le XIXeme) ne sont que des sophismes hideux. Chanter l'ennui, les douleurs, les tristesses, les mélancolies, la mort, l'ombre, le sombre, etc., c'est ne vouloir, à toute force, regarder que le puéril revers des choses. Lamartine, Hugo, Musset se sont métamorphosés volontairement en femmelettes."
Vous voulez des preuves tangibles qu'il y a au XIX eme un poète qui a écrit des mots plus insoutenables que les cadavres que Baudelaire a fait surgir d'entre les caniveaux et les cuisses des élégantes courtisanes? Vous avez le coeur à faire un Space Mountain littéraire? Vous avez les tripes de lire des trips qui auraient pu être imaginés par des Beatniks en plein shoot?
...
Extrait:
"Maldoror passait avec son bouledogue; il voit une jeune fille qui dort à l'ombre d'un platane, et il la prit d'abord pour une rose.On ne peut dire qui s'éleva d'abord dans son esprit, ou la vue de cette enfant, ou la résolution qui en fut la suite. Il se déshabille lentement, comme un homme qui sait ce qu'il va faire. Nu comme une pierre, il s'est jeté sur le corps de la jeune fille, et lui a levé la robe pour commettre un attentat à la pudeur... à la clarté du soleil! N'insistons pas sur cette action impure. L'esprit mécontent, il se rhabille avec précipitation, jette un regard de prudence sur la route poudreuse, où personne ne chemine, et ordonne au bouledogue d'étrangler avec le mouvement de ses mâchoires, la jeune fille ensanglantée.il indique au chien de la montagne la place où respire et hurle la victime souffrante, et se retire à l'écart, pour ne pas être témoin de la rentrée des dents pointues dans les veines roses.L'accomplissement de cet ordre put paraître sévère au bouledogue. Il crut qu'on lui demanda ce qui avait été déjà fait, et se contenta, ce loup, au muffle monstrueux, de violer à son tour la virginité de cette enfant délicate."
Aujourd'hui, on va causer des Chants de Maldoror, de Lautréamont. Ou Isidore Ducasse. Ou "vieille carcasse" pour les intimes.
Donc... Si on en croit ce cher Isidore Ducasse (J'espère que personne n'aura eu comme moi le mauvais goût de penser à un amalgame entre 'Ducroc' et 'il se décarcasse', comme dans une celèbre publicité aux accents de cigales...), la poésie au XIX eme était l'apanage des Romantiques.
Or, loin de vouloir scotcher une étiquette avec "Attention, être solitaire, mélancolique et méchamment élégiaque sur les bords" sur son oeuvre poétique, il a bousculé les règles de l'art, a pastiché, parodié, outragé les poncifs et le monstre qui en est né (et franchement, c'est le cas de le dire...) a été un régal.
Explications.
1/ Lautréamont a pris pour personnage principal un dénommé Maldoror, qui fait le mal autour de lui, tout en étant un chouilla torturé, un peu fêlé, beaucoup beaucoup taré. Figure Romantique certes, mais d'une cruauté qui sied mal aux mélancoliques - à entendre, ceux qui se languissent d'une situation sans se donner les moyens de s'en rendre maîtres...
2/ Il a un peu abusé sur le concept de "poésie". Ne pas s'attendre à des rimes en "ur" ou en "aï", alignées comme des boulettes de yakitori sur des pages et des pages de sonnets en alexandrins. Il choisit la prose mélodique, avec sonorités tissées en échos vagues, longues envolées lyriques, et lexique partagé entre gore et délicatesse. Autrement dit, des phrases à la Proust, avec du Jack l'Eventreur et du Jane Austen passés au mixeur des formules.
3/ Intrigue totalement décousue, fil conducteur confus, incohérences et méli-mélos à tout va, de quoi rendre le lecteur complètement stone. Et c'est le plaisir de l'auteur, de nous voir aussi désorientés, et perplexes. Il aime ça, c'est son kif, ça se voit, et il le vaut bien.
4/Si vous saviez les horreurs qu'il y a dans ce bouquin!... Bon sang, Baudelaire n'a jamais écrit pire que ça. Et pour cause, Lautréamont disait de ses contemporains: "... puisque la poésie du doute [...] en arrive à un tel point de désespoir morne, et de méchanceté théorique, par conséquent, c'est qu'elle est radicalement fausse; et par cette raison qu'on y discute les principes et qu'il ne faut pas les discuter: c'est plus qu'injuste. Les gémissements poétiques de ce siècle (Cf. Le XIXeme) ne sont que des sophismes hideux. Chanter l'ennui, les douleurs, les tristesses, les mélancolies, la mort, l'ombre, le sombre, etc., c'est ne vouloir, à toute force, regarder que le puéril revers des choses. Lamartine, Hugo, Musset se sont métamorphosés volontairement en femmelettes."
Vous voulez des preuves tangibles qu'il y a au XIX eme un poète qui a écrit des mots plus insoutenables que les cadavres que Baudelaire a fait surgir d'entre les caniveaux et les cuisses des élégantes courtisanes? Vous avez le coeur à faire un Space Mountain littéraire? Vous avez les tripes de lire des trips qui auraient pu être imaginés par des Beatniks en plein shoot?
...
Extrait:
"Maldoror passait avec son bouledogue; il voit une jeune fille qui dort à l'ombre d'un platane, et il la prit d'abord pour une rose.On ne peut dire qui s'éleva d'abord dans son esprit, ou la vue de cette enfant, ou la résolution qui en fut la suite. Il se déshabille lentement, comme un homme qui sait ce qu'il va faire. Nu comme une pierre, il s'est jeté sur le corps de la jeune fille, et lui a levé la robe pour commettre un attentat à la pudeur... à la clarté du soleil! N'insistons pas sur cette action impure. L'esprit mécontent, il se rhabille avec précipitation, jette un regard de prudence sur la route poudreuse, où personne ne chemine, et ordonne au bouledogue d'étrangler avec le mouvement de ses mâchoires, la jeune fille ensanglantée.il indique au chien de la montagne la place où respire et hurle la victime souffrante, et se retire à l'écart, pour ne pas être témoin de la rentrée des dents pointues dans les veines roses.L'accomplissement de cet ordre put paraître sévère au bouledogue. Il crut qu'on lui demanda ce qui avait été déjà fait, et se contenta, ce loup, au muffle monstrueux, de violer à son tour la virginité de cette enfant délicate."
- Location:Nanterre
- Mood:
geeky - Music:So what Pink
Raymond Queneau, vous connaissez?
Dans le monde des culturés, il est connu à cause de Zazie, personnage du roman éponyme (de lui) "Zazie dans le métro", publié en 1959, gros succès à cause du langage très populaire, de la désarmante spontanéité de l'héroïne et de ses tribulations dans Paris.
L'autre jour, je pensais pas à Queneau quand j'ai dépassé le stand de livres d'occaz' de l'université de Paris X. A vrai dire, je pensais plutôt à Saussure, Chomsky, Martinet et compagnie: mon partiel de grammaire arrivait à grands pas et j'avais encore rien relu.
Du coup, quand Raymond Queneau m'a souri tel un chiot dans une animalerie qui attend de se retrouver dans un foyer plus confortable que sa vitrine, et trouver une place unique dans le coeur du lecteur (mauvaise pioche, Raymond, je suis une fille)... J'ai pas su dire non.
Pas que j'aie explicitement voulu lire du Queneau, ni que j'aie été très emballée à l'idée de me surcharger de bouquins, alors que j'avais déjà un semestre de cours de grammaire à relire... En fait, et pour être tout à fait honnête, le prix y a été pour quelque chose.
un euro et cinquante centimes, ça se refuse pas.
La culture a un prix.
Du coup, cela m'amène au sujet d'aujourd'hui. "EXERCICES DE STYLE".
Paru en 1947. Une seule histoire, banale et franchement plate dans son intrigue, racontée 99 fois.
Exercices de style ou comment faire de la magie avec un matériau de merde. De l'extraordinairement fantastique avec du quotidien ranplanplan.
Queneau utilise tout. Vocabulaire, registre, style, langue, figures de styles, temps, modes, genres, etc. Il dévaste l'ideé selon laquelle il faut tel style pour telle histoire. Du pathos pour le drame, du burlesque pour la comédie, du sarcasme pour la satire, du lyrisme pour la tragédie... Il revisite aimablement chaque outil stylistique mis à disposition par la langue française et sous prétexte de les exploiter, il lui rend un bel hommage.
C'est vieux, certes, ça n'a rien à voir avec Gavalda ou Houellebecq, ni Levy ni Musso ni Nothomb, mais n'empêche que le Raymond, il en a dans le ventre. Et ça n'a pas pris une ride aujourd'hui. Et ça n'a même pas la cellulite inconfortable des styles dépassés puisqu'il nous sort le grand jeu. Tout tout tout.
Pour ceux qui contracteraient des crises d'urticaire à la vision d'un énorme pavé (Regrettés Proust et Tolstoï, ne nous en voulez pas), qu'ils se rassurent. Le bouquin en question ne fait pas son poids. Il est riquiqui, mais qu'est-ce qu'il dépote...
Ce n'est pas un roman, ce n'est pas une suite de nouvelles. C'est à concevoir comme les fameuses séries de Monet, notamment celles avec la cathédrale de Rouen. Une série de petites histoires courtes, qui nous rabâchent le même sujet sans jamais se ressembler.
Un peu comme les grandes idées.
Seul bémol à notre affaire, le prix dudit article littéraire est variable, selon que vous l'empruntiez à une médiathèque, bibliothèque, que vous l'achetiez chez un bouquiniste, un brocanteur, un stand de marché aux puces, un libraire ou un temple de la culture du type Fnac ou Virgin.
Extraits:
"Précisions
A 12h17 dans un autobus de la ligne S, long de 10 mètres, large de 2,1, haut de 3, 5, à 3 km 600 de son point de départ, alors qu'il était chargé de 48 personnes, un individu de sexe masculin, âgé de 27 ans 3 mois 8 jours, taille 1m72 et pesant 65 kg et portant sur la tête un chapeau haut de 17 centimètres dont la calotte était entourée d'un ruban long de 35 centimètres, interpelle un homme âgé de 48 ans 4 mois 3 jours, taille 1m68 et pesant 77 kg, au moyen de 14 mots dont l'énonciation dura 5 secondes et qui faisaient allusion à des déplacements involontaires de 15 à 20 millimètres. Il va ensuite s'asseoir à quelque 2m10 de là.
118 minutes plus tard, il se trouvait à 10 m de la Gare Saint-Lazare, entrée banlieue, et se promenait de long en large sur un trajet de 30 mètres avec un camarade âgé de 28 ans, taille 1m70 et pesant 71 kg qui lui conseilla en 15 mots de déplacer de 5 centimètres, dans la direction du zénith, un bouton de 3 centimètres de diamètre."
"Négativités
Ce n'était ni un bateau ni un avion, mais un moyen de transport terrestre. Ce n'était ni le matin, ni le soir, mais midi. Ce n'était ni un bébé, ni un vieillard mais un homme jeune. Ce n'était ni un ruban, ni une ficelle, mais du galon tressé. Ce n'était ni une procession, ni une bagarre, mais une bousculade. Ce n'était ni un aimable, ni un méchant, mais un rageur. Ce n'était ni une vérité, ni un mensonge, mais un prétexte. Ce n'était ni un debout, ni un gisant, mais un voulant-être assis.
Ce n'était ni la veille, ni le lendemain, mais le jour-même. Ce n'était ni la Gare du Nord, ni la Gare de Lyon mais la Gare Saint-Lazare. Ce n'était ni un parent, ni un inconnu, mais un ami. Ce n'était ni une injure, ni une moquerie, mais un conseil vestimentaire."
"Distinguo
Dans un autobus (qu'il ne faut pas prendre pour un autre obus), je vis (et pas avec une vis) un personnage (qui ne perd son âge) coiffé d'un chapeau (pas d'une peau de chat) cerné d'un fil tressé (et non de tril fessé).
Il possédait (et non pot cédait) un long cou (et pas un loup con). comme la foule se bousculait (non que la boule se fousculât), un nouveau voyageur ( et non un veau nouillageur) déplaça le susdit (et non suça ledit plat). Cestuy râla (et non cette huître hala), mais voyant une place libre ( et non ployant une vache ivre) s'y précipita (et non si près s'y piqua).
Plus tard, je l'aperçus (non pas gel à peine su) devant la Gare Saint-Lazare (et non là ou l'hagard ceint le hasard) qui parlait avec un copain (il n'écopait pas d'un pralin) au sujet d'un bouton de son manteau (qu'il ne faut pas confondre avec le bout haut de son menton)."
- Location:Nanterre
- Mood:
crazy
Quand je parle de mon projet à mes camarades de classe ( ne vous arrêtez pas sur ces deux mots révélateurs de la subtile ambiguïté de la classe prépa concernant les études...), ils sont toujours perdus et désespérés face à mon engouement.
On ne saurait leur en vouloir.
Moi non plus, d'ailleurs.
Alors souvent, la question qui arrive au terme de la conversation - et qui du coup, la clôt avec brio - est dans la plupart des cas la même.
"Mais pourquoi tu fais tout ça?"
L'autre question susceptible d'être posée au bout de cet échange très pertinent se résume sous la forme suivante:
"Mais c'est quoi ton trip avec l'écriture?"
...
Questions auxquelles j'ai délibérement choisi de ne pas répondre.
Est-on assez stupide pour demander à un supporter de l'OM pourquoi il ne supporte pas non plus le PSG? Sa passion pour un club est indiscutable, et exclusive.
Mauvais exemple.
Est-on assez siphoné pour demander à un peintre pourquoi il s'éclate avec ses pinceaux? Personne n'a jamais demandé cela à Michel Ange... Si?
Pas que je me compare avec Michel Ange sur le domaine du talent pour ce qu'il fait, mais je me compare bien à lui sur la question de la motivation.
Brefouille, la passion a ceci de déraisonnable qu'elle echappe à la raison. Si on peut expliquer la théorie sur la relativité d'Einstein, on ne peut en revanche pas comprendre comment lui est venue cette passion pour le sionisme ou la liberté politique. Certes, cela vient sûrement de multiples facteurs, évènements de sa vie... Tout ceci pourrait être intelligible... Pourrait, si seulement il n'y avait pas mis autant d'ardeur, bien plus en vérité, que ce que la raison peut acceptablement recevoir.
Parce que justement, la passion dépasse l'engagement qu'on peut prendre envers une cause au terme d'une réflexion strictement apassionnée.
Euuuu... Suivez encore, là?
Aujourd'hui, passion veut dire "amour torride". Ouais. Plus ou moins. faut pas oublier le mouvement de l'âme qui fait qu'un homme suspend sa capacité à juger les choses avec la distance qui sied à un raisonnement impartial.
Ouais, il se fait tard.
Mais tout de même. C'est ce que j'ai envie de répondre à chaque qu'on me demande pourquoi je suis si débilement gaie quand je parle de ma passion.
Comment ça "trop long"?!?
- Location:ludres
- Mood:
crazy - Music:Hit in America
Eh bien eh bien... Ces derniers temps, j'ai été amenée à constater un fait fondamental dans la compréhension de la psychologie humaine...
Roulements de tambour pour la nénette qui a mis près de 20 ans avant de se rendre compte d'une vérité aussi évidente...^^
Nous avons besoin de drogue.
Attention, drogue au sens "entretenir un rapport addictif avec quelque chose".
Yup. Chocolat, café, sexe, cocaïne, sport, lecture, alcool, bricolage, collection de cocottes, shopping, sucreries, pédicure (sisisi, ça existe), jardinage et autres activités étranges.
Très bien, très bien, jusqu'ici, la liste non exhaustive d'exemples de "choses" que l'homme peut idolâtrer est constituée -plus ou moins- de trucs courants.
Mais j'ai été littéralement frappée par la foudre quand je me suis aperçue qu'on pouvait aussi être un drogué du travail.
"Workaholic".
Attendez... On peut s'épanouir dans le travail? "Travail", ce mot dont l'essence antique, latine (entendez par là "vénérable") veut dire "souffrance"?
Est-ce que c'est lié au phénomène de masochisme?
L'homme peut-il avoir la souffrance pour drogue?!?
...
Question con. Mais question tout de même.
...
Là, c'est le bug. Je capte plus rien, et je vois pas de réponse si automatique. Oui, non, peut-être, on se croirait en philo. Sérieusement...
Alors peut-être qu'il y a des faits qui n'ont pas d'explication. Comme la présence ou non (sujet éminemment contesté) de Dieu, nous avons en outre cette question de savoir si l'homme peut s'asservir dans la souffrance et y trouver une source de plaisir.
... Bon, je sais pas vous, mais perso, je suis pas addict, parole de fumeuse, semi-alcoolique, insomniaque psychorigide. J'ai beau avoir une tooooooonne de travail à faire, je reste à taper gentiment mes bouffoneries sur Lj.
:D
Qui est un drogué du travail, d'abord?
- Location:luuuuuuuuuudres
- Mood:
awake - Music:Rachmaninov
Je me demande ce que je fous encore ici.
Ah oui, je me souviens, maintenant.
J'ai des angoisses.
Une en particulier...
Non, vous ne souhaitez pas que je vous raconte ma vie?... D'accord.
On va procéder autrement, alors. :DDDDDD
(sourire niais, parce que snakky n'a pas l'habitude de se trouver intelligente tout à coup... Sauf en anglais. Mais ça, c'est une autre histoire)
Disons que d'ici un mois je reviendrai sur cette page en me disant:
"Meeeeeeeeerde, dans quelle galère je me suis embarquée...?"
Et bien évidemment, mon ordi ne me répondra pas. Il n'a pas suivi de formation psy, non plus. Mais bon, ça aurait pu être utile. Un ordi qui console vos moindres bobos psychologiques?...
Pus besoin de Prince Charmant...-_-°...
JE PREEEEEENDS!!!!
Mais bon, les japonais ne l'ont pas encore inventé que je sache. Donc pour le moment, c'est l'homme qui doit prendre en charge ses propres problèmes.
Et dans un mois, je me dirai...
" Ouaaaa.... Pour une fois j'ai été prévoyante. Pour un peu, je souscrirais à une assurance vie."
Donc ne vous formalisez pas, je vous prie, si je me tape un mémo perso pour dans un mois, deux, huit, ou carrément douze ans. Mais ça vous concerne aussi. Oui, même toi, le visiteur paumé dont je ne soupçonne pas l'existence. Sisisisi.
VADEMECUM EN SI BEMOL... Par Snakesandapples.
*sauf en ce qui concerne les atteintes aux Droits de l'Homme et du Citoyen, que ce soit de la Constitution Française de 1789 ou celle des Etats-Unis d'Amérique de 1776.
-Homme, tu peux par ton travail amener l'Humanité à toi*
*Je sais que ça veut a priori rien dire... Mais faut trouver le sens caché, profond, quasi latent du concept. Suivez?
-Quand tu fais un choix, pense aussi bien à ce qui peut arriver de mal à cause de ce choix*
*Ne me dites pas que je suis en train de pomper Sénèque. PAS VRAI!...
-Quels que soient ces choix que tu fais, va jusqu'au bout*
*Sauf en ce qui concerne les atteintes aux Droits de l'Homme et du Citoyen selon la Constitution Française de 1789 ou celle des Etats-Unis d'Amérique de 1776.
-Oublie pas de t'amuser, quels que soient tes choix. Le divertissement est un des besoins essentiels de l'homme. Dieu a foutu le boxon dans sa tête.
- Mood:
creative - Music:Counting crooooows
Vous savez pas la dernière?... (Je me marre d'avance...)
Je finis mes fics et je prends ma retraite fanfictionnaire.
HOURRRAAAAAA!
Et oui.
Je suis faible, honte à moi.
Bien.
Eum.
Oui, donc voyons....
Je sais que je suis une auteuse irremplaçable, qu'on pleurera pendant des décennies, si ce n'est pas des siècles et des siècles (choristes en fond: "Aaaameeeeen"). Mais je renonce à l'art subtil de m'approprier illégitimement des persos qui ne m'appartiennent pas pour les faire souffrir mille morts afin de contenter la boulimie de lecteurs affamés (en manque).
Je prends ma retraite anticipée.
(Vous êtes sensés pleurer à chaudes larmes parce que mon prochain départ vous cause un chagrin incommensurable... Sisi... Ben pourquoi vous faites cette tête là?...)Je finirai mes fics, parce qu'il y a quand même quelques personnes que malgré tout je veux honorer en les conduisant jusqu'à une fin intelligible de mes fictions ( les meilleures du net, voyez-vous...).
Plus sérieusement, c'est vrai, c'est complètement absurde de se croire indispensable au point de vouloir finir ses fictions malgré tout. Mais c'est plutôt pour pas décevoir ceux qui m'ont soutenue.
Donc un dernier hommage, à ces lectrices (oui, public à 99% composé d'individus de sexe féminin, lorsqu'il s'agit de Rogue... Allez comprendre.) qui ont cru en moi. C'est tout ce que j'ai à leur offrir.
Merci les filles.
Et ADIEU LES CONSOMMATEURS INGRATS!!!!
(NOTA BENE:... Il faut que je finisse mes fics.)
- Location:ludres
- Mood:
crazy - Music:donjon de naheulbeuk
Petites nouvelles du fond du trou.
Ca se passe fin octobre, on voit une gamine de 19 ans, ébouriffée, les valoches sous les yeux et les lèvres serrées taper quelques mots sur son clavier d'ordi.
Ca se passe d'abord à la rentrée, alors que tout le monde est tranquille, bronzé, relaaaaax.
Ben c'est pas beau à voir.
"Vous pouvez avoir l'ENS, vous en êtes capables... On vous a choisi pour ça..."
Et de un, il y a un an, ils m'ont refoulée comme une grosse chaussette toute molle. BAM.
Et de deux, ils récitent par ailleurs qu'ils sont aux anges lorsqu'ils ont deux sous-admissibles.
Moi, j'aime ni la démagogie, ni la propagande. L'ENS n'est pas si idyllique, et ELLE N'EST PAS A LA PORTEE DE TOUS, BORDEL!
Ensuite, la situation se dégrade, les profs ne sourient plus, ils grincent...
Faut voir les réparties explosives et rocambolesques de mon prof d'histoire, c'est à pleurer (de rire).
DS, DM, COLLE, INTERRO, TRADUIRE PP. , ETC.
Des abréviations HIDEUSES se collent à notre agenda et deux lettres peuvent vous pomper une soirée.
Et la perspective d'un SUPERBE futur.
Ben ch'est pas gagné.
Et après, ma mère me demande pourquoi je continue à taper mes chapitres de merde sur des personnages qui existent déjà au lieu de créer les miens.
Ben si je crée les miens, les gens vont pleurer tout au long du truc. Ca serait pas amusant. Faut tenter de rêver, nan?
Severus, Sirius, n'importe quel mâle charismatique qui se pâmerait pour une femelle qui aurait pu être sa fille (genre Hermione....-_-°), un écorché vif, poli par la vie, tané par les ans, un dur à cuire, mixte de Nicky Larson et Jack Sparrow.
Ben Cha non plus ch'est pas gagné.
Ca fait pitié ( Snakky morte de rire.)
Ca se passe fin octobre, on voit une gamine de 19 ans, ébouriffée, les valoches sous les yeux et les lèvres serrées taper quelques mots sur son clavier d'ordi.
Ca se passe d'abord à la rentrée, alors que tout le monde est tranquille, bronzé, relaaaaax.
Ben c'est pas beau à voir.
"Vous pouvez avoir l'ENS, vous en êtes capables... On vous a choisi pour ça..."
Et de un, il y a un an, ils m'ont refoulée comme une grosse chaussette toute molle. BAM.
Et de deux, ils récitent par ailleurs qu'ils sont aux anges lorsqu'ils ont deux sous-admissibles.
Moi, j'aime ni la démagogie, ni la propagande. L'ENS n'est pas si idyllique, et ELLE N'EST PAS A LA PORTEE DE TOUS, BORDEL!
Ensuite, la situation se dégrade, les profs ne sourient plus, ils grincent...
Faut voir les réparties explosives et rocambolesques de mon prof d'histoire, c'est à pleurer (de rire).
DS, DM, COLLE, INTERRO, TRADUIRE PP. , ETC.
Des abréviations HIDEUSES se collent à notre agenda et deux lettres peuvent vous pomper une soirée.
Et la perspective d'un SUPERBE futur.
Ben ch'est pas gagné.
Et après, ma mère me demande pourquoi je continue à taper mes chapitres de merde sur des personnages qui existent déjà au lieu de créer les miens.
Ben si je crée les miens, les gens vont pleurer tout au long du truc. Ca serait pas amusant. Faut tenter de rêver, nan?
Severus, Sirius, n'importe quel mâle charismatique qui se pâmerait pour une femelle qui aurait pu être sa fille (genre Hermione....-_-°), un écorché vif, poli par la vie, tané par les ans, un dur à cuire, mixte de Nicky Larson et Jack Sparrow.
Ben Cha non plus ch'est pas gagné.
Ca fait pitié ( Snakky morte de rire.)
- Location:Ludres
- Mood:
crappy - Music:Highway to Hell
Et voila... La fin de mes aventures outre atlantique approche...
Les deux dernieres sessions furent meurtrieres... Disons que la Sixieme session, j'ai eu une guest tout a fait adorable pour changer... AU DEBUT... ^_^... Au debut...
Jean.
Jean est une femme en fauteuil roulant qui qdore lire et qui m'adorait aussi. Et moi qui adore lire et qui l'adorait aussi.
Evidemment, un truc pareil, c'est trop beau pour durer.
Ba voui.
En milieu de semaine, Marylin, la guest d'Edith a commence a taper tout le monde, et a hurler aussi fort qu'elle pouvait, chantant entre temps d'une voix tres agreable mais egalement tres.... troublante et assez derangeante.
Et le troisieme soir... Elle a reussi a frapper tous les counselors de la cabin, et a brise une vitre de son poing.
Ben y a eu du sang sur les murs mes cocos.
Vous croyez que c'est le pire?
Naaaaan, biensur que nan.
Le pire, c'est que j'etais toute seule a la tete de la cabin, m cabin leader etait "off" ce jour la et techniquement, j'etais la cabin leader...
Ya des jours, je me demande vraiment si Dieu existe pas juste pour nous faire chier.
Donc.
En consequence.
Le reste de la semaine, je me suis tape mademoiselle je frappe de toute mes forces le premier qui se pointe a moins d'un metre de moi et Edith a pris ma douce Jean.
BEUAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA AAAA!
...
Y a de quoi pleurer.
Deuxieme semaine.
PIRE.
( on n'a jamais fini avec le pire. )
Deuxieme semaine.... Ma cabin leader, Gulzhan, se pointe apres avoir ete convoquee par le grand conseil des grands manitous du camp et me sourit d'un air qui sent mais alors PAS BON DU TOUT.
J'ai un flair infaillible en ce qui concerne les plans foireux en approche...
...
Puisque je vous le dit!
...
Okayyyyyyyyyyyyy.... soupir.
Moi, toute transie d'inquietude et felee par les petoches, je m'avance d'un pas timide...
SNAKKY CABIN LEADER.
VLAAAAAAAAAAAAAAAAN.
Gulzhan devait remplacer l'un des Grands Manitous et puisque le cabin leader s'en va... Qui prend les rennes de la cabin???? MMMMH?!?
C'est Bibi!
Donc pour la derniere session, je me retrouve 24/24 a tout penser...
Et le feu dartifice de la derniere session en matiere de guests a ete INOUBLIABLE...
Sacre Camp.
Lilly, une toute petite chauve qui passe son temps a se cogner la tete sur les murs, a faire pipi partout et a courir partout. Et quand je dis "courir", c'est pas les sprints qu'on nous demandais de faire au college... C'est plus de l'ordre OLYMPIQUE...
Irene, la guest la plus effacee que j'ai jamais connu... tout ete normal avec elle, rien de vraiment complique... Mais vous leurrez pas... C'etait pas ma guest... Je l'avait donnee a Edith pour qu'Edith puisse aider Jamelin avec sa guest...
Jamelin avait Hilda, chaise roulante genre bien equipee pour un corps tres brise, comme Gloria durant la session precedente ( oui, Jamelin s'occupait d'une guest nommee Gloria qui avait un corps distordu...), muette, mangeant de la puree mais difficilement... Et le truc de la cuiller qui fait l'avion, ca marche pas.
couches comme la plupart des autres guests... fin bref, la totale.
Et Edith devait l'aider. TU PARLES!
Enfin, les deux guests suivantes sont celles dont je me suis occupee pendant la semaine.
Denise etait ma guest. Une ame d'enfant, mais qui pese dans les trois cents kilos voire qutre cent... Et qui savait dire " shade up" et " go fuck yourself, you bitch"... Qui savait aussi frapper, foncer sur vous ( voyez le tableau?... non?) pour vous foutre a terre.
J'ai craque et je l'ai file a Edith.
Cependant...
Mes soucis n'etaient pas termine.
Comme vous pouvez le deviner ( j'ai une veine d'enfer, imparable!), la derniere guest etait pas mal non plus dans son genre.
Eleanor est une femme en fauteuil roulant qui sait ce qu'elle veut ( veut dire, quand vous voulez lui donner un verre d'eau, elle hurle qu'elle veut un the avec un souspon de lait et du sucre pour diabetique, du canderel, quoi.)
Et...
Pour couronner cette parfaite personnalite... Elle avait un sac a urine colle a lestomac, parce que son systeme renal ne marchait plus.
Donc.
Tous les matins... Jarrive, et qu'est-ce que je vois?
Le sac decolle de l'estomac, l'urine a l'odeur acre partout sur le lit.
soupir.
TOUS LES MATINS.
Et comme tous les matins, je l'emmenait a l'infirmerie ou elle se faisait reposer un autre sac sur son trou a l'estomac dans un festival odorant.
Produit chimique, plus urine, plus sueur, plus plus plus plus.
Et apres l'infirmiere s'etonne que je sois palotte.
Andouille.
Et ca durait pratiquement jusqu'au repas de midi.
tout ca en plus de mes charges de cabin leader.
Genre.
Quand on remplit pas le papier sur la taille et la consistance des cacas des guests, on se fait enguirlander par les grands manitous de l'administration.
Quand un counselor a un probleme avec un guest, on essaye de donner ledit guest a un autre counselor pour l'apres-midi.
Sauf que personne ne veut prendre le guest de bidule parce que c'est le plus chiant.
Et les papiers a reremplir apres les counselors, et les documents a reverifier avant de les renvoyer a l'agence en fin de session sur le bon deroulement de la session avec tel guest....
Et les couches et les papiers toilettes et les detergents et les savons a aller chercher au storeroom et les lessives a ranger, et les sacs a faire en fin de session et blablablabla...
Ok.
Au point ou on en est, vous vous demandez surement comment j'ai survecu a cette session.
Tout simple.
Le dernier jour, je jouais avec Gulzhan... De vrais gamines... On se roulaient dans l'herbe et... CRAAAAAC
Genou foule.
Immediatemment, radios a l'osto et attelle et chaise roulante et bequilles et cremes et pillules et SNAKKY IS OFF!!!!
Donc.
Plus de cabin leader dans la cabin.
Et ben le soir meme, les counselors, tous, les counselors pleuraient.
HAHAHAHAA!!!!!
Merci Gulzhan, je t'adoooore!!!!
Okay, a part ca, j'ai aussi entendu de mes oreilles... " I love you, honey, I really love you"
Eleanor me l'a sorti avant de monter dans son bus le dernier dernier jour...
Couiiiiiic.
Franchement.
Qui resisterait a un truc pareil?
Et voila.
Apres, tous les counselors sont partis en bus pour New York, et moi, avec ma patte folle, je suis restee au camp pour me taper la lessive de toutes les couvertures du camp. Imaginez.
82 guests
103 membres "staff"
...
Deux couvertures par personne.
Non, je suis increvable.
Depuis que ma tache est definitivement finie et que toutes les couvertures sont propres, je me repose enfin.
Et le camp est vide.
Et....
Et ca fait tres tres bizarre.
Et biensur, ce n'est que quand vous vous trouvez en face du vide que vous faites l'eloge de la vie qui l'a precede.
Donc.
Je rends hommage a l'ete 2008, plein de couches, de larmes, de peinture violette, de gens de partout dans le monde, de cigarettes et d'alcool, de cheerios, de vie, quoi.
Et je profite.
Ce qui veut dire... Je rassemble mes esprits avant de vous pondre des trucs invraisemblables... hehehe...
Snakky ruuuuuuuuuuuuuuuules!!!!!
Lol...
Parfois...
De gros bisous a tous, vous m'avez manque, vous m'avez soutenue, vous meritez une ovation.
SNAKKY FAIT LA "OLA" DEVANT LE PC LE PLUS LENT DU MONDE.
Hugs and Kisses.
Les deux dernieres sessions furent meurtrieres... Disons que la Sixieme session, j'ai eu une guest tout a fait adorable pour changer... AU DEBUT... ^_^... Au debut...
Jean.
Jean est une femme en fauteuil roulant qui qdore lire et qui m'adorait aussi. Et moi qui adore lire et qui l'adorait aussi.
Evidemment, un truc pareil, c'est trop beau pour durer.
Ba voui.
En milieu de semaine, Marylin, la guest d'Edith a commence a taper tout le monde, et a hurler aussi fort qu'elle pouvait, chantant entre temps d'une voix tres agreable mais egalement tres.... troublante et assez derangeante.
Et le troisieme soir... Elle a reussi a frapper tous les counselors de la cabin, et a brise une vitre de son poing.
Ben y a eu du sang sur les murs mes cocos.
Vous croyez que c'est le pire?
Naaaaan, biensur que nan.
Le pire, c'est que j'etais toute seule a la tete de la cabin, m cabin leader etait "off" ce jour la et techniquement, j'etais la cabin leader...
Ya des jours, je me demande vraiment si Dieu existe pas juste pour nous faire chier.
Donc.
En consequence.
Le reste de la semaine, je me suis tape mademoiselle je frappe de toute mes forces le premier qui se pointe a moins d'un metre de moi et Edith a pris ma douce Jean.
BEUAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA
...
Y a de quoi pleurer.
Deuxieme semaine.
PIRE.
( on n'a jamais fini avec le pire. )
Deuxieme semaine.... Ma cabin leader, Gulzhan, se pointe apres avoir ete convoquee par le grand conseil des grands manitous du camp et me sourit d'un air qui sent mais alors PAS BON DU TOUT.
J'ai un flair infaillible en ce qui concerne les plans foireux en approche...
...
Puisque je vous le dit!
...
Okayyyyyyyyyyyyy.... soupir.
Moi, toute transie d'inquietude et felee par les petoches, je m'avance d'un pas timide...
SNAKKY CABIN LEADER.
VLAAAAAAAAAAAAAAAAN.
Gulzhan devait remplacer l'un des Grands Manitous et puisque le cabin leader s'en va... Qui prend les rennes de la cabin???? MMMMH?!?
C'est Bibi!
Donc pour la derniere session, je me retrouve 24/24 a tout penser...
Et le feu dartifice de la derniere session en matiere de guests a ete INOUBLIABLE...
Sacre Camp.
Lilly, une toute petite chauve qui passe son temps a se cogner la tete sur les murs, a faire pipi partout et a courir partout. Et quand je dis "courir", c'est pas les sprints qu'on nous demandais de faire au college... C'est plus de l'ordre OLYMPIQUE...
Irene, la guest la plus effacee que j'ai jamais connu... tout ete normal avec elle, rien de vraiment complique... Mais vous leurrez pas... C'etait pas ma guest... Je l'avait donnee a Edith pour qu'Edith puisse aider Jamelin avec sa guest...
Jamelin avait Hilda, chaise roulante genre bien equipee pour un corps tres brise, comme Gloria durant la session precedente ( oui, Jamelin s'occupait d'une guest nommee Gloria qui avait un corps distordu...), muette, mangeant de la puree mais difficilement... Et le truc de la cuiller qui fait l'avion, ca marche pas.
couches comme la plupart des autres guests... fin bref, la totale.
Et Edith devait l'aider. TU PARLES!
Enfin, les deux guests suivantes sont celles dont je me suis occupee pendant la semaine.
Denise etait ma guest. Une ame d'enfant, mais qui pese dans les trois cents kilos voire qutre cent... Et qui savait dire " shade up" et " go fuck yourself, you bitch"... Qui savait aussi frapper, foncer sur vous ( voyez le tableau?... non?) pour vous foutre a terre.
J'ai craque et je l'ai file a Edith.
Cependant...
Mes soucis n'etaient pas termine.
Comme vous pouvez le deviner ( j'ai une veine d'enfer, imparable!), la derniere guest etait pas mal non plus dans son genre.
Eleanor est une femme en fauteuil roulant qui sait ce qu'elle veut ( veut dire, quand vous voulez lui donner un verre d'eau, elle hurle qu'elle veut un the avec un souspon de lait et du sucre pour diabetique, du canderel, quoi.)
Et...
Pour couronner cette parfaite personnalite... Elle avait un sac a urine colle a lestomac, parce que son systeme renal ne marchait plus.
Donc.
Tous les matins... Jarrive, et qu'est-ce que je vois?
Le sac decolle de l'estomac, l'urine a l'odeur acre partout sur le lit.
soupir.
TOUS LES MATINS.
Et comme tous les matins, je l'emmenait a l'infirmerie ou elle se faisait reposer un autre sac sur son trou a l'estomac dans un festival odorant.
Produit chimique, plus urine, plus sueur, plus plus plus plus.
Et apres l'infirmiere s'etonne que je sois palotte.
Andouille.
Et ca durait pratiquement jusqu'au repas de midi.
tout ca en plus de mes charges de cabin leader.
Genre.
Quand on remplit pas le papier sur la taille et la consistance des cacas des guests, on se fait enguirlander par les grands manitous de l'administration.
Quand un counselor a un probleme avec un guest, on essaye de donner ledit guest a un autre counselor pour l'apres-midi.
Sauf que personne ne veut prendre le guest de bidule parce que c'est le plus chiant.
Et les papiers a reremplir apres les counselors, et les documents a reverifier avant de les renvoyer a l'agence en fin de session sur le bon deroulement de la session avec tel guest....
Et les couches et les papiers toilettes et les detergents et les savons a aller chercher au storeroom et les lessives a ranger, et les sacs a faire en fin de session et blablablabla...
Ok.
Au point ou on en est, vous vous demandez surement comment j'ai survecu a cette session.
Tout simple.
Le dernier jour, je jouais avec Gulzhan... De vrais gamines... On se roulaient dans l'herbe et... CRAAAAAC
Genou foule.
Immediatemment, radios a l'osto et attelle et chaise roulante et bequilles et cremes et pillules et SNAKKY IS OFF!!!!
Donc.
Plus de cabin leader dans la cabin.
Et ben le soir meme, les counselors, tous, les counselors pleuraient.
HAHAHAHAA!!!!!
Merci Gulzhan, je t'adoooore!!!!
Okay, a part ca, j'ai aussi entendu de mes oreilles... " I love you, honey, I really love you"
Eleanor me l'a sorti avant de monter dans son bus le dernier dernier jour...
Couiiiiiic.
Franchement.
Qui resisterait a un truc pareil?
Et voila.
Apres, tous les counselors sont partis en bus pour New York, et moi, avec ma patte folle, je suis restee au camp pour me taper la lessive de toutes les couvertures du camp. Imaginez.
82 guests
103 membres "staff"
...
Deux couvertures par personne.
Non, je suis increvable.
Depuis que ma tache est definitivement finie et que toutes les couvertures sont propres, je me repose enfin.
Et le camp est vide.
Et....
Et ca fait tres tres bizarre.
Et biensur, ce n'est que quand vous vous trouvez en face du vide que vous faites l'eloge de la vie qui l'a precede.
Donc.
Je rends hommage a l'ete 2008, plein de couches, de larmes, de peinture violette, de gens de partout dans le monde, de cigarettes et d'alcool, de cheerios, de vie, quoi.
Et je profite.
Ce qui veut dire... Je rassemble mes esprits avant de vous pondre des trucs invraisemblables... hehehe...
Snakky ruuuuuuuuuuuuuuuules!!!!!
Lol...
Parfois...
De gros bisous a tous, vous m'avez manque, vous m'avez soutenue, vous meritez une ovation.
SNAKKY FAIT LA "OLA" DEVANT LE PC LE PLUS LENT DU MONDE.
Hugs and Kisses.
- Location:Rock Hill, NY
- Mood:
contemplative - Music:Happy Ending de Mika